Cannes : un festival du film-choc sur les combats pour l’environnement
Du 27 au 31 mai 2026, le 6e Festival international du film écologique et social propose la projection de dix films en provenance du monde entier
Cannes, c’est aussi un Festival du film écologique ! Sa première édition s’est tenue en 2021, pendant « Le » Festival de Cannes. Sa 6e édition se déroule après, jusqu’à dimanche 31 mai 2026. Dix films du monde entier sont en compétition : Yanuni, Marching in the Dark, Yintah, Nimuendaju, Forêt rouge, Lost for Words, The sky above Zenica, Ojos de agua, Hen, et Une chanson pour ma terre.
Mais au programme, il y avait aussi un Village des initiatives, des ateliers, une exposition de photos…
FIFES, Miramar, 64 boulevard de la Croisette, Cannes, 6,50 euros par film, programme sur https://fifes.org/
(Photo L.Q.)
Yanuni : un film-coup de poing sur la guerre en Amazonie
Le film Yanuni de Richard Ladkani montre les mines illégales qui massacrent l’environnement et la population autochtone dans la jungle brésilienne, poumon vert de la planète. Et le courage de Juma Xipaïa, qui défend la forêt et ses peuples au péril de sa vie
Le festival s’est ouvert sur un film impressionnant. Le réalisateur libano-autrichien Richard Ladkani a suivi durant six ans Juma Xipaïa. Juma est la première femme à être devenue chef de tribu amérindienne au Brésil et secrétaire d’État au tout premier ministère des peuples autochtones créé par le président brésilien Lula da Silva à son retour au pouvoir après sa victoire sur Jair Bolsonaro. Elle a été la cible de 6 tentatives d’assassinat et a dû s’exiler une année entière en Euroipe à cause des menaces pesant sur elle.
On a du mal à se représenter en Europe l’intensité de la violence exercée au Brésil sur les peuples premiers indiens : assassinats, viols, pédophilie, famine, maladies, vol de terres, déforestation, pollu-
-tion de l’eau au mercure pour extraire l’or, trafic de drogue, d’alcool, corruption… L’histoire du génocide contre les Indiens d’Amérique se poursuit encore au XXIe siècle à grande échelle en Amazonie, le poumon vert de la planète.
Le mari de Juma, Hugo Loss, participe à son combat les armes à la main, puisqu’il est l’un des responsables de l’Ibama, la force spéciale brésilienne qui traque et détruit les mines illégales dans les territoires des peuples autochtones en Amazonie. En quelques années, l’Ibama est parvenue à réduire de 60 % le nombre de ces mines, mais le combat est loin d’être terminé et nécessite un soutien accru des forces armées et du gouvernement brésilien.
Le courage de Juma et Hugo… et du cinéaste
Après deux films sur des sujets ultrasensibles et dangereux (cartels de la drogue méxicains, mafias chinoises et trafic de l’ivoire , Richard Ladkani a risqué une fois de plus sa vie dans le tournage de ce documentaire palpitant. Soutenu par l’acteur Leonardo di Caprio, il a filmé durant six années Juma Xipaïa, y compris durant des manifestations réprimées dans le sang par les forces de l’ordre brésiliennes sous la présidence Bolsonaro. Iol a aussi filmé Hugo Loss et ses équipes dans leur lutte contre des chasseurs d’or qui ne reculent devant rien.
Prochain film sur Jane Goodall, la protectrice des chimpanzés
Richard Ladkani a répondu aux questions du public dans un anglais impeccable et très clair, sous des applaudissements largement mérités. Son prochain film sera consacré à Jane Goodall, la primatologue amie des chimpanzés décédé en octobre dernier avec laquelle il a passé une année engtière. Il a accompli un des voeux de Jane en lui permettant d’aller en Amazonie rencontrer Juma. Le courant est tellement bien passé entre ces deux femmes exceptionnelles que Juma a voulu que Jane soit la marraine de sa fille Yanuni. Yanuni, le nom qui a été donné au film.
Photo : Richard Ladkani, un extraordinaire cinéaste qui s’est mis au service d’une combattante exceptionnelle (Photo L.Q.)