Cagnes : Nègre viré par le RN dès le premier tour
La ville a un maire Rassemblement national. Sévèrement désavoué dès le 15 mars avec seulement 1/3 des voix, le maire sortant siègera-t-il dans l’opposition ? La liste Piacentini, elle, n’aura pas un seul élu
Immuablement droit dans ses bottes ! Louis Nègre disait ne rien vouloir changer de sa politique qui l’avait fait (ré)élire maire 5 fois par les Cagnois depuis 1995. En fait, il sentait quand même venir le vent du boulet. Et il avait finalement lâché un peu de lest après des sondages qui le donnaient derrière Bryan Masson au premier tour : retour de la brigade de nuit de la police municipale, une heure de stationnement gratuit… Cela n’a pas suffi. Il n’aura même pas eu un second tour très difficile face à Bryan Masson et peut-être d’autres challengers. A la surprise de beaucoup, il se retrouve éliminé dès le premier tour. Une sortie peu glorieuse après 31 ans de règne.
Nègre siègera-t-il dans l’opposition ?
Louis Nègre siègera-t-il dans l’opposition ? Ou laissera-t-il son siège à un de ses colistiers (en principe le conseiller municipal sortant Nicolas Delwich, 9e sur sa liste) ?
Triomphateur de ces élections, Bryan Masson, 29 ans, député Rassemblement national, n’espérait sans doute pas l’emporter dès le premier tour. C’est le résultat d’un ras-le-bol de la population sous-estimé par le maire. Mais aussi le résultat d’une campagne très bien menée, et du ralliement de Jean-Pierre Woignier à la tête de la Casa du Cros et du Cercle cagnois dès décembre dernier.
« Traîtres », « traîtres », vous avez dit « traîtres » ?
Ceux qui en 2020 avaient été élus dans l’opposition ou qui figuraient sur des listes d’opposition, et qui avaient retourné récemment leur veste pour se rallier à Louis Nègre en sont pour leur frais. Certains d’entre eux ont bien élus, mais dans l’opposition et ils n’auront pas les postes d’adjoints qu’ils espéraient. Mais pour Louis Nègre, n’étaient des traîtres que ceux qui le quittaient, lui. Comme Josy Piret, Pierrette Alberici, Carine Papy et Marie Rofidal, élues cette fois-ci dans l’équipe du nouveau maire Bryan Masson. Jackpot pour Carine Papy nouvelle première adjointe.
Un élu pour la gauche et un pour Touzeau-Ménoni
Garoyan et Touzeau-Ménoni sauvent chacun un siège
Déception aussi pour la gauche qui voit la victoire écrasante du Rassemblement national, et qui n’arrive pas à atteindre les 10 % qu’elle espérait. Petite consolation cependant : elle retrouve un siège au conseil municipal, alors qu’elle n’en avait plus depuis six ans. Cédric Garoyan retrouve une place à l’assemblée communale.
Déception également pour Philippe Touzeau-Ménoni, probablement l’élu d’opposition qui avait le plus mouillé la chemise pour les Cagnoises et les Cagnois durant ses six années de mandat dans l’opposition. Il sera le seul élu de sa liste… et toujours dans l’opposition. Seule consolation : il a dépassé les 5 % qui lui permettront le remboursement de ses frais de campagne (frais d’impression et d’affichage de la propagande électorale : bulletins de vote, professions de foi et affiches).
Le naufrage de Piacentini
Enfin, le plus déçu de tous (en dehors de Louis Nègre) est certainement Pierre Piacentini : même pas 3 % des voix et pas un seul siège ! Lui qui avait diffusé un « sondage » le donnant en 3e position avec 15 % derrière Bryan Masson et Louis Nègre ! Et qui avait brocardé comme Philippe Touzeau-Ménoni la valse de certains élus d’un bord à l’autre et vice-versa.