Frédéric Altmann, tout l’art de Nice en photo

Une expo à aller voir jusqu’au 12 février 2023

Pour la première fois, la ville de Nice consacre une exposition à Frédéric Altmann. Une exposition à ne pas manquer, avant qu’elle ferme ses portes le 12 février prochain.
Frédéric Altmann, c’est en effet 50 années d’arts plastiques à Nice en pas moins de 150000 photos. C’est aussi la chronique de l’art contemporain sur la Côte d’Azur, qu’il a lancée et longtemps tenu dans les colonnes de Nice-Matin, mais aussi dans les « Chroniques niçoises » du Mamac, le musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice où il a longtemps travaillé.
Ci-contre, Frédéric Altmann devant la belle photo en surimpression reprise sur l’affiche de son exposition : Marie Raymond, artiste-peintre azuréenne mère de l’artiste Yves Klein.

Une grande figure de Nice

Frédéric Altmann, c’est la mémoire de l’Ecole de Nice, son « commissaire aux comptes », comme le nommait affectueusement son ami le grand critique d’art Pierre Restany… C’est aussi un des meilleurs connaisseurs de l’art contemporain, comme en témoignent les centaines de beaux livres et de catalogues d’expositions qu’il a accumulés dans sa bibliothèque tout au long de sa vie. C’est encore un formidable acteur de l’art contemporain, qui a tout de même été à l’origine de trois musées (le premier musée de l’art naïf à Flayosc dans le Var ; puis le musée international de l’art naïf à Nice ; et enfin le CIAC, Centre international d’art contemporain de Carros, qu’il a créé et dirigé durant près de dix ans).
Autodidacte
Mais Frédéric Altmann, c’est aussi et avant tout un autodidacte ; une vibrante voix de basse ; des coups de gueule passionnés contre « ceux qui n’ont rien à dire et à faire dans le monde de l’art » ; une immense sensibilité cachée derrière la courte barbe qui lui mange le visage, derrière ses cheveux drus et surprenamment crépus, derrière ses lunettes, derrière la casquette qui ne le quitte presque jamais, derrière ses blagues qu’il répète inlassablement… tel un enfant qui aurait oublié de vieillir, comme il le dit en concluant le livre de ses entretiens paru en 2000.
L’heure de la reconnaissance
L’autodidacte est aujourd’hui fier d’avoir pris sa revanche sur le temps où il était un cancre à l’école, et sur sa cruelle déconvenue lorsqu’il n’avait pas obtenu le poste de directeur du musée d’art naïf de Nice alors qu’il avait tant oeuvré pour la création de ce musée.
Lors du vernissage, l’adjoint au maire de Nice délégué à la Culture Robert Roux, a remis à Frédéric la médaille d’honneur de la ville. Une récompense bien méritée pour celui qui avait déjà été honoré et exposé par Cannes et à l’étranger.
Livre « Photographies d’une vie », autobiographie de Frédéric Altmann, éditions L’Ormaie, 2000, 15 euros. Sur Internet.

Frédéric Altmann a connu les plus grands du monde de l’art contemporain et de la photo.

                                                                                     (Photos  L.Quilici)

Lors de la remise de la médaille d’honneur de la ville : au premier plan, de droite à gauche Frédéric Altmann; l’adjoint au maire Robert Roux; l’artiste Nivese épouse de Frédéric; et Stéphane Tallon, directeur du Musée de la photographie.

L’expo

L’exposition présente une sélection de photos en noir et blanc de Frédéric Altmann. A travers elles revit l’épopée de l’Ecole de Nice depuis les années 1950-60 : le célèbre critique d’art Pierre Restany, Martial Raysse, César, François Spoerri, Jean Mas, et bien sûr Nivese Oscari, son épouse, seule femme artiste de l’Ecole de Nice, et bien d’autres. La peintresse Marie Raymond, mère de l’artiste Yves Klein, est le sujet de la superbe photo en surimpression reprise sur l’affiche de l’exposition. On y voit aussi des photos d’Altmann par André Villers, seul ou avec David Douglas Duncan, un de ses maîtres en photo (comme Villers).
Pour y aller : Exposition « Frédéric Altmann, photographe inattendu », au Musée de la photographie, 1 Place Pierre Gautier à Nice, 04 97 13 42 20. Jusqu’au 12 février, entrée 5 €, ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h. Tramway ligne 1, arrêt « Opéra Vieille Ville ».

L'hommage de la ville de Nice

Robert Roux, adjoint au maire délégué à la culture, a rendu un bel hommage à Frédéric Altmann en lui remettant la médaille d’honneur de la ville de Nice dans un Musée de la photographie bondé :
« C’est un témoignage unique d’un époque encore en pleine effervescence (…)
Il a largement participé à la construction du Mamac (le musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, par l’architecte Yves Bayard), puis au CIAC » (le musée d’art contemporain de Carros, dont il a été le pionnier).
« C’est à Altmann qu’on doit la donation Jacovsky et la création du musée d’art naïf à Nice ».