Trump blanchit le terroriste syrien
Le président américain reçoit à la Maison-Blanche le nouveau président syrien Al-Charaa, ancien terroriste d’Al-Qaïda et de l’État islamique, emprisonné plusieurs années en Irak par les Etats-Unis. Les Droits de l’Homme sacrifiés au business et au gaz
Donald Trump a donc reçu à la Maison-Blanche le nouveau président syrien, ancien terroriste d’Al-Qaïda et de l’État islamique, emprisonné plusieurs années en Irak par les Etats-Unis ! Ahmed Al-Charaa a au moins eu la franchise de dire que ce tapis rouge déroulé par Trump s’explique par le gaz syrien que les Américains ont très envie d’exploiter. Il a expliqué à la télévision américaine le 11 novembre 2025 que la Syrie est devenue un endroit où les Etats-Unis peuvent faire de bons investissements, notamment dans l’extraction de gaz ».
« Je l’apprécie »
« He comes from a very tough place, and he’s a tough guy. I like him », a déclaré le président des Etats-Unis. Autrement dit : « Il vient d’un endroit très difficile. C’est un dur-à-cuire. Je l’apprécie ».
Al-Charaa a obtenu que Washington retire la Syrie de sa liste des Etats terroristes soumis à des embargos états-uniens. A présent, qu’est ce qui va pouvoir empêcher le nouveau régime syrien de durcir son islamisme aux dépens des minorités non-sunnites et des femmes ? Pour Trump, que pèsent les Droits de l’Homme face à un juteux business ?
L’administration Trump a aussi indiqué compter sur Al-Charaa pour aider à la destruction des derniers groupes de l’État islamique (Daech). Après avoir combattu dans les troupes de Daech, le nouveau président syrien en est effectivement devenu un ennemi. Ce qui s’apparente plutôt à des guerres intestines entre djihadistes. Et ne veut pas dire qu’il ait abandonné l’islamisme radical.
Photo du haut : La poignée de mains Trump-Al Charaa à la Maison Blanche le 11 novembre 2025 (Capture d’écran du journal télévisé de France 2)
La tête d’Al-Charaa alias Al-Jawlani avait été mise à prix 10 millions de dollars par les Etats-Unis il y a quelques années.
Le gaz derrière onze années de guerre en Syrie
La guerre qui a dévasté la Syrie de 2011 à 2024 était déjà liée aux appétits pour le gaz. Le conflit a pour arrière-plan le projet de création d’un gazoduc soutenu par les Etats-Unis, qui permettrait au Qatar de fournir du gaz à l’Europe en passant par l’Arabie saoudite, la Jordanie et la Syrie pour se raccorder en Turquie à un gazoduc déjà existant vers l’Europe.
La Russie ne veut pas de la concurrence qatarie et s’est appuyée pour cela sur le régime syrien des Assad, ce qui explique en partie qu’elle l’ait soutenu autant qu’elle pouvait. La chute du régime Assad en quelques semaines à l’automne 2024 s’explique notamment par l’affaiblissement
de ses soutiens russe et iranien, effet ricochet de l’enlisement russe en Ukraine et de la guerre menée par Israël contre le Hezbollah. Mais l’effondrement du régime Assad s’explique aussi par la révolte de la majorité sunnite de la population syrienne contre la minorité alaouite du régime dictatorial Assad, et par l’épuisement du peuple au bout d’onze ans de guerre sur son sol. Et peut-être aussi par le soutien des Etats-Unis et la volonté de l’Europe d’en finir avec le régime Assad.
Photo Dennis S. Hurd libre de droits Creative Commons